18 % : c’est la progression du chiffre d’affaires, en France, d’une grande enseigne généraliste sur le premier trimestre 2024. Une performance qui relègue la moyenne du secteur au rang de simple statistique. Portées par la viralité des réseaux sociaux, les habitudes d’achat bousculent l’ordre établi, propulsant de nouveaux noms sur le devant de la scène du prêt-à-porter.
La ligne de fracture se creuse. D’un côté, les marques qui misent sur la proximité et le local ; de l’autre, celles qui enchaînent collections capsules et collaborations éphémères. Les géants historiques voient leur fréquentation s’effriter, tandis que de nouveaux challengers affichent des progressions impressionnantes.
Panorama des enseignes de mode les plus populaires en 2024
Le marché de la mode n’a jamais été aussi fragmenté, mais certains enseignes tiennent bon. Zara reste la référence incontestée, autant en France qu’ailleurs en Europe. Sa maison mère, Inditex, cible les centres-villes, aligne des collections qui collent aux tendances et réagit à une vitesse redoutable. L’enseigne espagnole ne flanche pas. H&M demeure un repère pour les 18-30 ans, même si l’élan s’essouffle légèrement cette année.
Dans le secteur du luxe, Louis Vuitton continue de dominer. En 2023, la maison-mère LVMH a franchi les 85 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Gucci et Chanel conservent leur place, mais l’avance de Vuitton reste inégalée.
Côté fast fashion, Primark multiplie les ouvertures autour des grandes villes. Amazon s’impose partout, que ce soit via sa plateforme ou sa logistique. Les géants du sport, Nike et Adidas, séduisent toutes les générations, des baskets aux survêtements, avec une présence massive sur le marché.
Pour mieux cerner ce qui tient la route en 2024, voici les enseignes qui ne plient pas :
- Zara : locomotive inébranlable en Europe
- Louis Vuitton : leader du luxe à l’international
- H&M : pilier des gammes accessibles
- Amazon : mastodonte du prêt-à-porter sur internet
- Primark : champion des petits prix
Les généralistes réinventent aussi la donne : Carrefour, Auchan et Leclerc misent sur la mode familiale et l’accessibilité. Les concepts évoluent, les offres se diversifient : ceux qui savent pivoter rapidement tirent leur épingle du jeu sur le marché actuel.
Quelles tendances de consommation redessinent le paysage de la mode ?
Pour saisir 2024, il faut regarder du côté du consommateur : l’achat coup de tête recule, l’analyse et la comparaison prennent le dessus. Selon l’Institut français de la mode, la seconde main s’est imposée. Vinted capte une part grandissante du marché vêtements en France. Back Market applique ce principe à l’accessoire, séduit chaque mois de nouveaux utilisateurs.
Avec des attentes croissantes des consommateurs, une majorité de marques se tournent vers la transparence et un discours franc. Ecoalf, pionnière du recyclage, ou WeDressFair, plateforme spécialisée dans l’éthique, rassemblent une clientèle exigeante, en quête de pratiques plus durables. Les initiatives se multiplient, pourtant la réalité ne change pas : l’IFM rappelle que la fast fashion, portée par Shein, Temu, Primark, garde l’avantage sur le prix et la rotation des collections.
Les géants du commerce en ligne, à l’image d’Amazon et Asos, accélèrent grâce à une logistique affûtée. La rapidité reste un atout, mais désormais, une résistance s’organise autour de la durabilité et du choix raisonné. Le marché se segmente : d’un côté les adeptes de la nouveauté constante, de l’autre ceux qui sélectionnent avec soin.
Trois tendances s’imposent dans les habitudes de consommation de la saison :
- La seconde main s’invite dans tous les foyers via des plateformes dédiées.
- La traçabilité devient un critère de choix pour les acheteurs avertis.
- Le fast fashion maintient son rythme, malgré la montée d’une mode plus responsable.
Tout l’enjeu consiste à naviguer entre accélération et retenue. Les convictions et les envies pèsent lourd dans les arbitrages mode. Rien n’est figé : le paysage se redessine en continu.
Les secrets derrière la réussite fulgurante de certaines marques
Quand on évoque Louis Vuitton, Chanel ou Gucci, on pense à l’exigence. L’an dernier, LVMH a dépassé les 79 milliards de dollars de revenus. Leur force ? Une clientèle internationale, une image polie à l’extrême, une communication millimétrée. Chaque post sur Instagram ou TikTok alimente le désir, chaque collaboration bien sentie assure la visibilité.
Zara, de son côté, impressionne par sa rapidité d’ajustement. La griffe d’Inditex adapte en temps réel ses productions : flux tendu, réactivité immédiate, équilibre entre coût et qualité. Les concepts capsules investissent les vitrines, brouillant la frontière avec les créateurs. H&M, quant à elle, joue la carte des alliances inédites et fidélise une clientèle jeune, avide de nouveautés. Leur recette : optimisation des coûts, réactivité sur la communication, et une surveillance constante des micro-tendances.
Primark, lui, prend une autre voie : des prix imbattables, des volumes massifs. Les accessoires en rayons attirent le plus grand nombre, et les longues files en caisse illustrent son succès populaire. Ici, la fast fashion s’exprime dans la vitesse et l’accessibilité pour tous.
Côté sport, Nike et Adidas créent leur propre univers, avec des séries limitées, des collections exclusives et un storytelling bien huilé. Les partenariats avec les figures emblématiques du moment font mouche. Leur cible : des passionnés de nouveauté, fidèles à ceux qui savent rester authentiques.
En synthèse, trois leviers accélèrent la réussite des acteurs majeurs :
- Des performances financières hors norme chez les maisons de luxe.
- L’influence massive des réseaux sociaux dans la création de la demande.
- Une capacité à coller à l’air du temps, renouvelant l’offre en un clin d’œil.
Focus sur les performances qui bousculent le marché cette année
La bataille du marché prêt-à-porter s’intensifie. Zara et H&M caracolent en tête, grâce à la rapidité de renouvellement de leur offre et l’étendue de leur gamme. Mais la compétition ne se limite plus à ces deux géants.
Kiabi s’impose comme un acteur de poids, en proposant une mode abordable pour toute la famille. Decathlon et Intersport investissent les dressings, mélangeant vêtements sportifs et tenues du quotidien : le legging a rejoint le jean dans les essentiels. Autre évolution : la mode s’invite dans les hypermarchés. Les rayons textile de Carrefour, Auchan et Leclerc élargissent leur périmètre, séduisant parents, ados et enfants. La frontière entre maison et habillement n’a jamais été aussi perméable.
En coulisses, Temu bouleverse la distribution. Selon Foxintelligence, la plateforme séduit une clientèle en quête de petits prix et de renouvellement rapide. Même dynamique dans la seconde main : Vinted fédère désormais tous les âges autour de l’achat textile d’occasion. Les anciens schémas de consommation vacillent.
Pour clarifier ce qui agite le secteur en ce moment, voici les forces en présence :
- Zara et H&M dominent toujours le marché prêt.
- Kiabi, Decathlon et Intersport élargissent leur public avec une offre à prix serré.
- Temu et Vinted déplacent les lignes de la distribution traditionnelle.
La cadence s’accélère, les repères évoluent au fil des tendances et des aspirations. Le secteur mode n’a pas fini de surprendre : la prochaine révélation pourrait bien surgir là où on ne l’attend pas. Le rideau reste ouvert sur ce spectacle en perpétuelle réinvention.


